Le Regard de Gassin
Kerkennah 2025 · Un film documentaire d’Emna Jalleli
Quand l’image devient un dialogue entre le silence de l’archipel et l’instinct du cadre : le récit d’une rencontre entre une jeune réalisatrice et un photographe de l’immatériel.
Synopsis : l’immatériel et l’instinct
Ce documentaire propose une immersion dans l’univers de Pierre Gassin, photographe guidé par un regard instinctif et sensible. Il explore l’attention portée aux détails invisibles et la manière dont la photographie devient un langage du quotidien.
La mer, le silence et le rythme de Kerkennah influencent sa manière de voir et de cadrer. La réalisation d’Emna Jalleli adopte une écriture épurée, laissant place au temps, à l’observation et à l’émotion.
Fiche technique & équipe
Réalisation: Emna Jalleli
Cadrage: Hamdi Bougherich & Khalid Chouaibi
Montage et étalonnage: Emna Jalleli
Son: Emna Jalleli
Carnet de tournage : le mot de Pierre Gassin
Un témoin plutôt qu’un acteur
Emna Jalleli m’a contacté pour son film documentaire de fin d’année. J’ai accepté immédiatement, mais j’ai ensuite découvert que j’étais le sujet du film. Un photographe est pour moi d’abord un témoin, pas un acteur.
La lumière comme seule matière
Je travaille avec un matériel discret. L’appareil reçoit la lumière, comme l’œil. Ce qui compte n’est pas de montrer l’équipement, mais de décider ce que l’on regarde et comment on le transforme en image.
Immersion à la Marsa Acherine
L’équipe a pu me suivre réellement au travail sur la plage de la Marsa Acherine, sur l’île de Chergui. La lumière était superbe et nous avons croisé pêcheurs et habitants, dans les conditions ordinaires de mon travail.
L’essence de l’émotion
Le résultat du film est désarmant pour moi, qui ne suis pas habitué à me voir. Le montage garde de l’émotion et des fragments sensibles, avec un peu de pédagogie sur la vie réelle d’un photographe.
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Quand l'image devient un dialogue entre le silence de l'archipel et l'instinct du cadre : découvrez le récit d'une rencontre entre une jeune réalisatrice et un photographe de l'immatériel.
Synopsis : L'immatériel et l'instinct
Ce documentaire propose une immersion dans l’univers de Pierre Gassin, photographe guidé par un regard profondément instinctif et sensible. À travers son rapport intime à l’image, le film explore la gestion du regard, l’attention portée aux détails invisibles et la manière dont la photographie devient un langage, presque un rituel du quotidien.
Le regard de Pierre Gassin se construit dans la simplicité, le silence et une connexion intime avec son environnement, notamment la mer, qui influence sa façon de voir, de cadrer et de ressentir le monde. Le documentaire révèle ce dialogue constant entre l’homme, son regard et le réel, mettant en lumière une approche photographique à la fois personnelle et universelle. La réalisation adopte une écriture visuelle épurée, laissant place à l’observation, au temps et à l’émotion. Le cadrage et le montage accompagnent cette démarche sensible, en respectant le rythme intérieur du personnage et la poésie de son regard. EJ
Réalisation : Emna Jalleli · Cadrage : Hamdi Bougherich & Khalid Chouaibi · Montage et étalonnage : Emna Jalleli · Son : Emna Jalleli
Carnet de tournage : Le mot de Pierre Gassin
« Emna Jalleli m’avait contacté par les réseaux sociaux pour me proposer de participer à son film documentaire, son projet de fin d’année. Comment refuser, alors que j’ai enseigné à des professionnels de l’image toute ma vie ! J’accepte instantanément, sans réfléchir. « Un devoir » comme ont dit en Tunisie.
Un témoin plutôt qu'un acteur
On se rencontre donc à Kerkennah dans un café à Ramla. Je découvre que je suis le sujet du film, pas juste un collaborateur… Pas fan : un photographe est un témoin, pas un acteur ! Je n’aime pas me montrer : il n’y a pas de selfies sur ma page Facebook, Instagram ou Linkedin.
Je fais partie des observateurs discrets qui se fondent dans le paysage. Pas de pied photo, petit matériel, sac modeste. On remarque à peine ma présence ! Ce sont souvent les amateurs qui essaient de « faire » pro avec un pied énorme, même pour du paysage en plein jour, et du gros matériel aussi… Je n’ai jamais eu le besoin de justifier quoique ce soit par le matériel, et heureusement !
La lumière comme seule matière
L’appareil photo n’est pas une arme, il ne sert qu’à enregistrer ce que l’on a décidé. C’est le contraire du fantasme de certains, l’appareil reçoit la lumière, comme l’œil ! Quand je dirigeais mon ancien centre de formation professionnel (Centre IRIS) à Paris, je refusais systématiquement d’apparaître dans les reportages des élèves. Et pendant les séances de portrait, je ne posais jamais.
Immersion à la Marsa Acherine
Mais on a eu de la chance, avec une lumière superbe, justement comme celle qui est ma matière de prédilection pour produire les images. Ils ont pu me suivre réellement en train de travailler sur la plage de la « Marsa Acherine », sur l’île de Chergui. J’ai bien-sûr croisé des pêcheurs et habitants que je connaissais, ou plutôt qui m’ont reconnu. J’ai beau être discret, ils finissent par me repérer. Mais c’est sympathique souvent.
L'essence de l'émotion
Ce qui est assez rigolo, c’est qu’il y avait des questions, que parfois je ne comprenais pas… Parce que la photographie telle que je la vis n’est pas vraiment celle que les gens imaginent. Je suis un auteur indépendant. Ça ne m’empêche pas de faire des commandes, heureusement, mais que dans un cadre très libre. Le résultat du film est désarmant pour moi. Je ne suis pas du tout habitué à me voir.
Le montage a fait disparaitre beaucoup de dialogue. Mais il reste pas mal d’émotion, de bribes sensibles, et c’est l’essentiel. Le jury a apprécié le documentaire. La lumière y est bien, et les plans sont bien construits. Ils ont aimé les informations fournies, hors des sentiers battus, avec un soupçon de pédagogie. Pas de pied photo, petit matériel… Ils ont appris la vie d’un photographe ! » PG